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  Shimano XTR : test grandeur nature


(27/11/2006)

C’est donc avec un plaisir non dissimulé que deux cobayes de Vttnet ont accepté de prendre part à ces réjouissances et vous ont ramené les dernières news de la planète Shim.

Présentation et nouveautés de ce groupe

Les dérailleurs : entièrement redessinés et retravaillés afin de gagner encore du poids et d’améliorer la rigidité (avant : 125 gr arrière : 197 gr)

Le dérailleur arrière est décliné en pas moins de 4 versions : Top Normal (pour les Rapidfire), Low Normal (pour les Dualcontrol) soit en chappe courte ou longue

Pour l’avant, les trois types de fixation standard sont présentés : Top Swing, Down Swing et E-Type

Très remarqué, le magnifique X du dérailleur arrière. Reste à éprouver la solidité.

Les pédales : ce sont des modèles 959 allégés (paire : 325 gr)

Les roues : pour obtenir une jante tubeless et plus rigide, les fixations de rayon sont soudo-brasées et les 24 rayons à épaisseur variable (2.0 à 1.5 mm) sont croisés par 2. Les moyeux sont disponibles en version disc centerlock ou v-brakes. (paire : 1525 gr).

Le corps de roue libre a été retravaillé pour offrir un enclenchement plus rapide (selon Shimano, + 125 % par rapport à un modèle classique). Les roulements annulaires permettent un entretien optimal et les axes oversized améliorent la rigidité de la roue.

Un moyeu avant spécial pour les axes de 20 mm est disponible également

La cassette : Le système Hyperglide est encore amélioré et la cassette est disponible en trois combinaisons (11-32T, 11-34T et 12-34T).

les 4 plus petits pignons sont en titane (224 gr)

Le pédalier : en deux pièces avec un nouveau système de fixation de la manivelle gauche plus efficace que l’ancien système à deux vis. Les manivelles sont creuses et les plateaux (celui du milieu est en composite carbone et titane pour la rigidité et la longévité) ont été redessinés pour améliorer le passage de la chaîne. (avec roulements : 770 gr)

Le Dual Control : l’ergonomie du levier a été revue afin de pouvoir monter ce système sur n’importe quel cintre et le mécanisme interne amélioré. La rapidité est accrue et il est possible de passer deux vitesses à la fois sans heurt. (paire : 442 gr)

Le Rapidfire Plus : il a été complètement retravaillé. La rigidité a été accrue avec un levier principal en alu. Le multirelease permet de passer jusqu’à trois vitesses à la fois et le Two-Way Release offre la possibilité d’actionner le petit levier avec soit l’index ou le pouce, un plus ergonomique. Il est possible de déplacer la commande sur son support en fonction du cintre utilisé, de la taille des mains ou de ses habitudes personnelles. Ce Rapifire est la grosse révélation de 2007.

L’étrier : il est à doubles pistons opposés, monobloc avec un support de plaquettes en titane. Les disques au nombre de 4 (140 et 160 mm à l’arrière et 160, 180 et 203 mm à l’avant) auront une surface de freinage en inox et l’étoile de fixation en alu. (paire + disques + gaines : 542 gr)

Les tests

A groupe d’exception, vtt d’exception et ce sont donc huit modèles haut de gamme en carbone qui étaient proposés avec un montage commun autour du groupe XTR : accessoires PRO, fourche Manitou R-seven et pneus Michelin.

CANNONDALE TAURINE

GIANT XTC COMPOSITE 1.5

KOGA MIYATA X-TR CARBOLITE

MERIDA HFS X-EDITION

SANTOS SCC 03 CARBON

SCOTT SCALE 10

SPECIALIZED S-WORKS M5

TREK OCLV 9.9 TEAM ISSUE

Le choix des cadres, afin de limiter les réglages et les manipulations, s’était cantonné aux modèles SR (suspendus avant) et permettait de se concentrer sur le fonctionnement général de l’XTR plutôt que sur celui des suspensions.

A chaque randonnée, un stand Shimano, bien visible, à l’entrée des inscriptions, et accompagné du magnifique camion XTR, attendait les heureux participants à ces essais.

Deux mécanos se chargeaient de la réception des testeurs, des réglages et des explications concernant le groupe et les vélos.

Première bonne surprise, l’inscription à la rando était offerte par Shimano ainsi qu’un petit cadeau sous la forme d’un pins et d’un porte-clef XTR.

Les deux vtt choisis par nos testeurs étaient le Koga-Myata X-TR carbolite (prix catalogue : 4499 euros) et le Trek Elite 9.9 (prix catalogue : 4999 euros)

Ce qui frappe en premier lieu, c’est le poids total des engins, sous les 10 kg (9,2 pour le Koga). C’est léger, ça démarre au quart de tour. Pas de problème, c’est nerveux, ça ne demande qu’à s’envoler et survoler les obstacles. Les roues XTR, par leur poids, ainsi que le pédalier très rigide, contribuent grandement à cette impression.

Les conditions météo étaient excécrables, pluie, boue et vent au rendez-vous de ce mois de novembre, mais ont permis de tester l’efficacité et la fiabilité de la transmission : aucun problème de changement de vitesse, pas de chain-suck (blocage de chaîne), une onctuosité parfaite dans le passage des vitesses.

N’ayant choisi que des vtt équipés du Dual Control, nous n’avons pu tester la nouvelle manette Rapidfire Plus qui, à en croire les avis, est la plus belle évolution de ce millésime.

Le Dual Control plait ou ne plait pas. Cependant, l’ergonomie des manettes est excellente. Elles tombent idéalement sous la main. La possibilité de monter ou descendre de plusieurs vitesses sans heurt et sans problème ( Multi Release system ) est un must que ce soit pour une côte dont la pente s’accentue rapidement, un petit passage technique à négocier ou une relance à effectuer sur le plat après une perte de vitesse.

En ce qui concerne le freinage, l’efficacité est présente surtout avec un disque de 180 monté à l’avant. Un petit bémol serait la persistance d’un bruit strident des plaquettes, faisant penser que l’on freine sur le fer. Mais, encore une fois, les conditions humides jouaient certainement un rôle dans ce petit désagrément.

Du côté des pédales, les nouvelles XTR n’ont causé aucun souci que ce soit au clipsage ou au déclipsage et cela malgré une boue quasi permanente.

En conclusion, concernant le groupe XTR, les ingénieurs Shimano nous ont sorti le meilleur. Voilà un groupe homogène, efficace, fiable mais qui, vu son prix, sera réservé aux compétiteurs ou aux pratiquants fortunés à moins que certaines marques de vtt ne parviennent à rogner sur leur marge et à sortir des modèles 2007 tout XTR à un prix raisonnable.

Une rencontre Shimano XTR vs Sram XO ne serait également pas pour nous déplaire afin de comparer ces deux bijoux de technologie.

Mais, ce test était également l’occasion de tester les cadres carbone servant de support au groupe.
Cependant, quelques grosses erreurs de montage n’ont pas permis de profiter pleinement du couple infernal cadre carbone + XTR.

Passons sur le choix des pneumatiques, des Michelin XCR dry dual compound, peu adaptés aux conditions boueuses mais qui s’en sortent relativement bien grâce à une section et à un dessin qui permet de chercher l’accroche sous le couche humide. Leur gros point faible était surtout l’accroche en dévers et sur les racines nombreuses dans les bois traversés.

La plus grosse faute était certainement la fourche Manitou R-seven, basique, lourde et peu efficace.

Ne présentant aucun réglage, elle pompe dès que l’on accélère ou que l’on se met en danseuse. Elle se contente d’amortir les gros chocs avec plus ou moins d’efficacité mais n’a pas de retour contrôlé et est, de plus, inefficace sur une succession de petits obstacles comme un sentier parsemé de racines ou des marches d’escaliers par exemple.

A propos des cadres, on a pu constater le fossé entre les différents manufacturiers. Certaines marques semblent maîtriser la conception et la fabrication de leurs cadres carbone plus que d’autres.

Il est clair qu’un cadre carbone doit être testé avant l’achat car chaque cadre possède ses caractéristiques, son comportement et sa réactivité propres qui peuvent être préjudiciables selon la pratique recherchée et le niveau du pilote.

Alors que le Koga est une boule de nerfs, incorfortable, réactif au moindre mouvement de pédale et prompt à relancer et à attaquer, le Trek est, tout en restant nerveux, plus confortable, plus maniable et beaucoup plus agréable à piloter.

Sans hésiter, une première explication vient de la différence de liaison entre les haubans et le triangle avant. Le Koga présente une connection monobloc, haubans, tube de selle et tube horizontal, hyper rigide. Le Trek, quant à lui, a des haubans, connectés au tube de selle, légèrement en dessous du tube horizontal.

A chaque choc, on peut voir la legère flexion de bas en haut de l’arrière du Trek alors que le Koga ne bouge pas d’un millimètre. Cette flexion permet un meilleur confort ainsi que la possibilité de tenir la vitesse sans être secoué dans tous les sens. En gros, avec le Koga, pour suivre le Trek, il faut « avoir les jambes » pour garder la vitesse et ainsi passer les successions de petits obstacles en force.

D’autres explications pourraient être la géométrie différente (invisible à l’oeil nu) ainsi que le positionnement des différentes fibres de carbone.

géométrie du Koga

géométrie du Trek

De plus, à taille égale, la position sur le Koga est plus couchée et plus « nez dans le guidon ». Ce qui le rend moins maniable et qui fatigue d’autant le pilote.
Le Koga est donc plus exclusif, fait pour la course XC, et encore, pour certains parcours pas trop exigeants techniquement.

Ainsi, le futur acquéreur d’un tel cadre devra donc être particulièrement attentif à tous ces paramètres, se renseigner, tester, comparer afin de ne pas acheter un chat dans un sac et devoir le regretter durant ses nombreux kilomètres annuels.

Ces essais ont, en tout cas, été l’occasion de voir les bénéfices et les inconvénients de telles machines.

D’un point de vue positif, on peut retenir la légèreté (due au cadre mais également aux différents composants XTR ou autres), la nervosité, la rigidité et une tendance à accélèrer en permanence.

Par contre, on retiendra, en points négatifs, la fatigue entraînée par cette recherche de performance mais aussi par l’inconfort des cadres, la difficulté à tenir un rythme dans les zones accidentées comme pavés, chemins creusés et l’obligation de posséder un certain bagage technique que ce soit en franchissement d’obstacle ou dans les descentes ardues, bien qu’un changement de fourche puisse corriger ces problèmes.

Pour conclure avec ce test XTR, on ne peut que féliciter Shimano pour cette initiative, les encourager à rééditer l’expérience, même, et surtout, avec leurs autres groupes qui sont et restent l’apanage de la majorité des vttistes.

Un grand bravo et tous nos remerciements aux mécanos Shimano, sympathiques, disponibles et courageux au vu de leurs conditions de travail dans une météo excécrable. Mais, « ils nous l’ont promis », le prochain test se fera en été.

Présentation du Koga-Myata X-TR Carbolite

Présentation du Trek OCLV Elite 9.9

Shimano Benelux



Auteur - Hugo




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