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  Les Masters d’Avoriaz


(23/10/2000)

<REP|SITE/2000/Avoriaz>

Masters d’Avoriaz



Déjà connu des skieurs, le domaine des Portes du Soleil en Savoie l’est
aussi des vététistes. Avec des stations comme Les Gets et Morzine,
organisatrices de compétitions de DH au niveau mondial, Châtel qui reçoit la
Freeraid Classic, et Avoriaz qui a accueilli à plusieurs reprises des
compétions de trial, l’endroit ne pouvait être qu’un haut lieu du « vélo de
montagne ». C’est à Avoriaz justement, qu’ont eu lieu fin août, les premiers
masters d’Avoriaz. Une épreuve qui pourrait voir son succès confirmé en 2001.


Le principe de ces masters est de réunir, sur 3 jours, plusieurs sports qui
ont comme dénominateur commun le fun et l’adrénaline. Bmx, Skate, et, pour
le Vtt, dirt et dual. La compétition de sauts en moto initialement prévue a
été remplacé par le skate, sport plus en rapport avec le lieu, Avoriaz étant
une station sans voitures. C’est donc autour de la piste permanente de dual
de la station que sont venus s’installer un mini-salon et un plateau et des
rampes pour le skate et le bmx. Auparavant les « bulls » avaient aménagé 2
belles bosses pour les dirteurs.

Dés le dimanche, le plateau est occupé par le team B52, qui va subjuguer un
public nombreux par ses démos de Bmx et de free-style. Les gros bras du p’tit
vélo présents sur le plateau vont montrer l’étendu de leurs talents, et
les figures vont s’enchaîner jusqu’au final époustouflant d’un rider qui va
faire un 360° sur la rampe. Respect dans le public.
Le lendemain les skates et les rollers ne seront pas à la fête, le temps
s’étant sérieusement gâté, la pluie gâchant les compétitions.
Fort heureusement, retour à la normale le mardi pour la journée des « cintrés de
la bosse ».

Il faut dire que pour cette journée Dirt on a du beau linge. Les teams 24
Bicycle, Planet’X et Rodéo entre autres, ayant fait le déplacement. Pour
arroser et relever ce plateau déjà bien épicé, « Dangerous Momo », au moins
aussi déjanté derrière un micro que sur un spad. Toute la journée ces braves
garçons vont se coltiner, avant qu’au final un petit gars des 24Bicycle
fasse briller la marque bretonne sur la plus haute marche du podium.

La fin de ce mardi est animée. Le salon s’étoffe. La caravane du team Scott
International vient s’installer. Le célèbre camion rouge de Mickaël Deldicke
est arrivé dans l’après midi, tandis que, bonne surprise, Vario s’est
déplacé en voisin avec son team. Un public nombreux déambule entre le
paddock et les stands de Coyote, Planet’X, Scott et 24Bicycle, découvrant
pour beaucoup les « Toy’s machines » pour la première fois.

Mais la plus grande agitation vient de la piste. Les premiers pilotes en ont
pris possession. C’est un beau mélange des genres. Une ambiance conviviale
et sympathique, qui résume bien le mot d’ordre de ce rassemblement « No
prise de tête - No bad rider ». Il y a là des pilotes qui sont venus ici
pour faire un résultat, d’autres qui ont fait le déplacement pour le fun, et
pour certains c’est une première.
Des pilotes amateurs côtoient des pilotes co-factory. Les dirteurs ont fait
le pari de participer, tandis que quelques pointures régionales en XC, sont
là pour toucher à autre chose. A l’opposé, des touristes ont loué des vélos
de randonnée pour venir se donner des émotions.

Et puis surtout il y a les cadors, les « bigs » pointures :
Stéphane Jany (Sunn), Mickaël Deldicke le nouveau champion d’Europe
(Taillefer Bicycle),

Cédric Gracia (Volvo Cannondale), Karim
Amour (Vouilloz Racing), ainsi que le récent vainqueur de la Mégavalanche,
William Ballaud (Team Ballaud), et des pilotes Vario, Schwinn et
Specialized. Côté filles, on retrouve entre autres Céline Gros (Scott la
Clusaz) et Anne Rougie.
Même Guillaume Koch le sympathique manager du team Scott, encore pilote en 99,
a ressorti son Octane pour l’occasion. Et tout
ce brave monde bavarde, se mélange dans les navettes, rigole.
No prise de tête.
La piste ne présente pas de difficultés majeures. Elle est très rapidement
appréhendée par les élites qui terminent vite leurs essais. Et c’est un
dirt contest » qui va rapidement s’improviser entre les dualistes et les
dirteurs. Les figures vont se succéder devant un public ravi de ce spectacle
imprévu. Ca envoi rapidement grave, et du gros de la part des spécialistes
de la discipline. Côté dualistes, Cédric Gracia semble très à l’aise,
probablement grâce à son expérience du bmx.

Mister Love n’est pas venu non plus pour faire de la figuration.
La pression monte, et la prise de risque aussi.
« Pit Bull » Jany se lâche et rate sa réception.
Une belle boite qui lui vaut un retour en « camion rouge ».
L’ambiance en prend un coup. Cédric Gracia relance un peu la machine, rapidement
suivi par un pilote du team Rodéo, qui lui aussi va finir au tapis.
Fin de la journée.


Enfin presque, puisque le soir est organisé une démonstration
de dirt en nocturne, et « after apéro », ce qui laisse imaginer le coté « trash »
des figures. Chistopher Hatton, jeune recrue du team Scott, va même se faire un
back-flip avec un Gzéro ! Il faut quand même avoir largement dépassé la dose légale
pour oser le faire !

Mercredi matin, rendez-vous pour les qualifications. Les élites jouent le
jeu, et font la première série avec une seule impulsion au départ, puis ils
ne pédalent plus. A ce petit jeu Mickaël Deldicke est le plus fort.
Pour la deuxième série, on ne rigole plus. Chacun se donne à fond. Les amateurs ne
sont pas en reste, et les prises de risques sont maximales. On remarque quelques
pilotes, dont un crosseur, classé 7eme en championnat de Provence de XC, qui
sur son Kona, va démontrer qu’il a aussi d’autres talents.

Mais le plus impressionnant est sans nul doute Cédric Gracia. Cet homme ne pédale pas,
il mouline ! ! Une vraie machine ! Arrivant avec une cadence de pédalage
impressionnante, il « avale « littéralement la petite double, pour amorcer
bien plus haut que tous les autres pilotes l’épingle. Il rentre très vite
sur l’intérieur du virage, pour attaquer en wheeling la grosse double qui
garnie la sortie du virage et la passer sur le côté sans sauter trop haut.
En sortie de bosse, l’animal pédale déjà avant que le spad ne soit retombé
sur terre ! ! Un pilotage en force mais remarquablement propre. L’après
midi il y a du monde pour assister à la compétition. Les premiers
duels font vite quelques victimes parmi les amateurs qui dépassent leurs
limites. Les dirteurs s’accrochent et font le spectacle. Rapidement la
pression monte. Des explications plus saignantes commencent. Un pilote pro
est à 2 doigts de se faire éjecter par un talentueux gamin de 15 ans
sur-motivé. Mister Love lui-même, suite à un saut de chaîne doit développer
tout son art, pour ne pas se faire sortir en début de compétition. La frêle
Céline Gros renvoie plusieurs mecs à leurs chères études, avant d’éliminer
en finale féminine Anne Rougie lors d’un beau combat d’amazones.

Guillaume Koch s’éclate au propre comme au figuré. Momo en grande forme chauffe le
public. Un des duels fait s’opposer 2 coureurs du team Vario. Bon esprit
chez les petits gars de Grenoble, qui vont parcourir la piste strictement
cote à cote jusqu’à l’arrivée, et c’est d’un bout de crampon qu’il faudra
les départager. Beaucoup de spectateurs découvrent cette discipline pour la
première fois. Les bords de la piste se garnissent. Il va y avoir du sport !!

C’est une belle empoignade qui va avoir lieu entre Cédric Gracia et Karim
Amour pour affronter Mickaël Deldicke en finale. Dés le 1er virage le pilote
Cannondale prend une avance. Mais le coéquipier de Nicolas Vouilloz va se
battre jusqu’au bout avant de devoir s’incliner et terminer finalement sur
la 3eme marche du podium.

Le combat des chefs tant attendu n’aura malheureusement pas lieu. Fidèle à
sa réputation, le pilote Taillefer fait un de ses démarrages fulgurants dont
il a le secret.

Block Pass limite dans le premier virage, Cédric tente l’
intérieur, et c’est dans le nuage de poussière de la chute du Varois que le
champion d’Europe s’envole pour la victoire.

Le pilote Volvo-Cannondale n’en oublie pas pour autant de faire le spectacle avant de
franchir la ligne d’arrivée.

C’est un Cédric Gracia rayonnant et heureux de sa course, qui va expliquer
sa chute. En fait ce garçon a du fair-play et il n’a pas tenté le
tout-pour-le -tout , ce qui aurait probablement entraîné tout le monde au
tapis. Modeste il explique lui-même : « nous nous connaissons bien, on se
voit toute l’année, alors on se respecte, ici on est là pour s’amuser ». Un
joyeux amusement qui rapporte quand même un beau price-money pour les 5
premiers.

C’est avec la promesse de l’organisateur de recommencer en 2001,
probablement dans la 1ere moitié du mois d’août afin d’attirer un public
encore plus nombreux, que se termineront ces 1ers masters d’Avoriaz. Une
manifestation conviviale, sous le signe de la découverte de ces nouveaux
sports. En vtt les amateurs auront pu se mêler aux artistes de la piste, et
se donner des émotions à bon compte.

Alors si vous aimez le spectacle, que vous fuyez les grosses organisations,
que vous avez envie de rencontrer des champions, et pourquoi pas de rouler
avec eux, vous savez où traîner vos crampons l’année prochaine, d’autant
plus que le domaine des Portes du Soleil est un magnifique espace pour y
faire une halte et y randonner en vtt.

Petites indiscrétions et choses vues


  • Anne Rougie courrait aux master avec son Giant mais sous le maillot Vario. La marque Iséroise devrait signer la jeune espoir féminine pour 2001.
  • Céline Gros malgré son petit gabarit, roulait sur un G zéro enduro. Fortement représenté le team Scott n’utilisait pourtant que très peu le vtt de dual développé par la marque suisse.
  • Vario semble avoir bien passé le cap de sa reprise par une entreprise de Voiron spécialisée dans le montage de vélos de grande diffusion. La structure étude tournerait à plein régime et la marque devrait continuer à être présente sur les grandes manifestations team. La collaboration avec B1 serait renforcée.
  • Vario toujours, abandonnerait sa politique de vente uniquement par le web, et reviendrait à un système plus classique par des revendeurs.
  • Karim Amour courrait sur un vélo différent du Vprocess qu’il utilise en compétition. Sans stickers, son vtt présentait une géométrie classique. Les bruits les plus fous ont couru sur le bord de la piste et dans les paddocks sur le spad. Proto d’un vprocess « commercialisable » pour les uns, et vieux Peugeot perso de mister Love pour les autres. Toujours est t’il que Karin a personnellement attendu la camionnette de la poste qui lui a amené 1H avant la course les jolis autocollants Vprocess qui ornaient son vtt pendant la course.
  • Coyote, la marque anglaise de vtt, cherche a s’implanter en France. Spécialisée dans la fabrication de vélo de dual et de free ride, elle présentait un prototype de vélo de descente.
  • Cédric Gracia, vit en Californie, roule en Audi TT, et ride pour le plus gros team du circuit, mais il n’a pas pour autant la grosse tête. Accessible et sympathique avec le public venu le rencontrer, il n’a pas manqué de remercier et d’encourager les organisateurs pour cette première. En plus cet homme a la « french touch » et avait fait le déplacement avec sa 1ere groupie américaine.



Auteur - RouelibrE




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