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  Du Rififi dans la distri’


(29/12/2006)

Le 8 septembre 2004, le conseil de la concurrence, instance française en charge de veiller au respect des règles de la concurrence dans le commerce, a été saisi par le Ministère de l’économie quand à des pratiques délictueuses dans le domaine de la distribution des cycles et des produits pour les cycles.

Dans le collimateur de l’Etat, des entreprises très connues dans le petit monde du VTT, parmi lesquelles des importateurs, des distributeurs et des réseaux de distribution, des fabricants et non des moindres, puisque, pêle-mêle, on retrouve des noms comme le réseau Master Cycle (devenu MC2R), José Alvarez, Time, Look, Philamy, RVF, Two Lambs et même Shimano France.

En cause, les pratiques commerciales initiées, imposées ou acceptées par les uns et les autres. L’enquête a révélé que certaines entreprises s’étaient concertées afin de réserver la distribution de cycles au commerce « traditionnel » interdisant la distribution de ces produits par les grandes surfaces du sport ou la vente par correspondance (VPC). Prix de vente « conseillés », taux de marge prédéfinis, pratiques interdites par la loi, étaient couramment employés au travers de réseaux de distribution, tandis que les membres les plus actifs de ces réseaux se chargeaient de faire pression auprès des autres membres pour le respect de ces « règles » illégales ou les imposaient à leurs fournisseurs.

Pas de tous, car certains fournisseurs avaient eux-même coordonné des règles de vente protégeant leurs clients des distributeurs « discounts », en totale contradiction avec les lois de la libre concurrence et assimilables à du refus de vente. Les contrats de distribution et les conditions générales de ventes portaient en toutes lettres des clauses anti-concurrentielles, imposant des prix « minima » ou interdisant la vente des produits à l’exportation, là où l’on trouve justement les vépécistes.

Le résultat de cette enquête très poussée a été porté devant le conseil qui a délibéré et condamné le 8 décembre 2006, 22 des entreprises mises en cause, à des amendes pour un total de 580 000 €uros.

Ces sanctions sont le reflet des pratiques de la distribution et de certains importateurs, mais aussi du malaise qui règne dans le milieu de la distribution traditionnelle, nos bons vieux « bouclards », qui, non contents de devoir se battre face à la grande distribution, font aujourd’hui face à la VPC et particulièrement à celle venue d’Internet. Le VTT est un sport récent, ses pratiquants sont plutôt jeunes et sont souvent des internautes, de nouveaux consommateurs qui n’hésitent pas à faire leurs emplettes sur le Net (si vous lisez ces lignes c’est probablement que vous en êtes). Achats groupés à la source, pas ou peu de frais de structure, prix cassés, implantations en zones off shore, les vépécistes ont des armes redoutables pour le petit commerçant.

Ce jugement arrive à l’aube de l’année 2007, une année qui pourrait bien être charnière, car il existe une autre instance, européenne celle-là, qui pourrait bien rendre illégale la vente de vélos par correspondance.

On vous en reparlera mais d’ores et déjà, 2007 s’annoncerait être l’année du consommateur. A suivre...

PLUS

- Sur le site du Conseil de la Concurrence



Auteur - RouelibrE




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