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  Inauguration du Bike Park du Lac Blanc


(25/06/2007)

La petite station de ski du Lac Blanc dans les Vosges inaugurait son tout nouveau Bike Park ce 16 juin. Une occasion que n’ont pas ratée trois représentants de VTTnet pour aller s’en mettre plein les mirettes et les gambettes.

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Toute la nuit la pluie a martellé la fenêtre de la mansarde. Lorsque vers 7h30 on jette un regard par la lucarne, c’est pour observer un panorama complètement englué dans les nuages. L’auberge du pied du Honneck doit être un endroit somptueux lorsqu’il est noyé dans un ciel bleu. Pas de bol, ce ne sera probablement pas pour aujourd’hui.

Lorsque nous rejoignons nos compagnons de week-end dans la salle commune pour le petit déjeuner, les commentaires tournent autour du remaniement du programme de la journée. Après tout, en plaine, il fait peut-être beau, et une journée de shopping à Colmar avec ces dames serait peut-être plus amusante qu’un bain de boue permanent au bike park du Lac
Blanc. Le temps de balancer à cette perspective, un SMS de Stéphane nous ramène à la réalité de notre présence dans les Vosges. Il vient de quitter la gare de Colmar, et pédale déjà, avec tout son barda, en direction de notre point de rendez-vous, Le col du Calvaire.

La fibre vtteuse reprenant subitement le dessus, nous chargeons une voiture avec tout le matos nécessaire à une virée au bike park, et l’autre avec ce qu’il faut pour une balade en ville. Les mollets poilus à bottines dans la première, les jambes à escarpins dans l’autre. On fait route commune jusque la Shlucht. Ensuite chacun va vivre sa vie jusqu’au soir.

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Quinze minutes de routes de crêtes humides plus tard, nous abordons le col du Calvaire. Le sommet d’une remontée mécanique nous indique que nous sommes dans le bon. Mais aucune indication ne laisse augurer de l’imminence de l’ouverture d’un bike-park dans le secteur. Après
quelques minutes d’hésitation, nous décidons que ça ne peut être que cela et que les pistes doivent forcément débuter au niveau du débarquement du télésiège.

En vidant la voiture de ses vélos, je décide de changer de pneus pour le modèle supérieur. Du Michelin mountain AT en 2.2 de section prévu dans le cadre d’une rando d’approche via les crêtes, je passe au 2.35 en version reinforced pendant que Carbone chausse un michelin X-trem à l’arrière. Ca fait un peu succursale Michelin tout cela, mais vu que la
marque vient de nous confier une belle brochette de leur production, autant en profiter. Et ça permet de réaliser deux tests en une seule sortie. Pendant que l’on s’offre la première suée de la journée en agitant nos démonte-pneus, Stéphane arrive tout sourire après 30 km et 600 mètres de grimpette juché sur son Patriot chaussé de gros boudins. Il
a décidément du potentiel le gamin !

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Vélos montés, protections enfilées, nous partons à la chasse aux pistes. Rapidement nous trouvons une trace balisée "cool". Pour un début, ça nous semble une bonne idée. La piste pas encore très marquée s’enfonce dans la forêt de sapins. Le sol est encore couvert d’humus et d’aiguilles de conifères. Les pluies récentes rendent le sol quelque peu fuyant, même si cela reste très praticable. Mon gros michelin avec ses crampons acérés semble plus à l’aise que les boudins de mes compagnons de pente. A voir la quantité de terrain que l’on emporte à chaque freinage on se dit que la piste ne mettra pas longtemps à se raviner. Aux virolos entre les arbres succèdent agréablement de nombreuses passerelles qui aident à enjamber des fossés, pierriers et
autres champs de racines. Régulièrement des modules techniques viennent pimenter une descente déjà très ludique. Heureusement ces difficultés sont systématiquement bordées de passages alternatifs (chicken ways) plus adaptés à notre niveau d’aimables randonneurs. Encore quelques successions de sympathiques virages relevés et l’on rejoint le pied du télésiège.

Comme nous sommes un peu tôt la zone n’est pas encore assiégée par les bikers. Il est vrai que l’ouverture officielle n’est que pour 14h. Soit
dans un peu plus de 2 heures. A voir les organisateurs un peu à la bourre, nous doutons de pouvoir profiter de la mise en service prématurée de la remontée mécanique qu’on nous avait laissé croire. Pas grave, nous faisons connaissance avec le site, rencontre avec l’organisateur et anciennes figures de la liste-vtt. L’endroit contient tout ce qu’il faut pour le bonheur des bikers. Le chalet où se font les
inscriptions est flanqué d’une buvette, et surtout d’un impressionnant lot de vélos et de vêtements de protection en location. Le télésiège, flambant neuf, s’il permet d’embarquer 6 personnes d’un coup ne peut hélas n’emporter qu’un seul VTT par chariot. De l’autre côté de la
place, se trouve un imposant restaurant prévu pour recevoir et nourrir des hordes de sportifs. Enfin le parking permet de ranger une nuée de voitures. Si l’on considère que l’accès aux pistes est possible tant par le haut que par le bas, on devine l’énorme potentiel du site. Dommage que l’accès pour les automobilistes en soit si chichement
balisé.

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Nous mettons à profit l’attente forcée pour découvrir le
restaurant. En prenant garde toutefois de se nourrir léger car l’après midi risque d’être un peu agitée, sauf Stéphane naturellement qui semble pouvoir affronter sereinement n’importe quelle difficulté. Vers 13 heures, l’impatience commençant à nous démanger, nous prenons la grave décision de rejoindre le haut des pistes à la force du jarret. il faut
grosso 1/2 heures et 300 mètres de grimpette pour l’atteindre par des chemins forestiers qui montent en lacets, recoupant à plusieurs reprises les pistes du bike park. D’une condition nettement moins affûtée que mes petits camarades de sortie, c’est complètement décomposé et avec quelques longues minutes de retard que je les rejoint au col du Calvaire le bien nommé.

Le temps de reprendre mon souffle et ré-enfiler les protection, nous choisissons de descendre par la Fat, une autre piste épinglée freeride. Nettement plus typée, cette piste évite les chicanes entre les arbres pour proposer un
parcours plus balèze adapté aux gros vélos. Les virages relevés se succèdent pour conduire vers des zones techniques aménagées. Les nombreux sauts sont aménagés de levées de terres ou de passerelles en bois, et l’on progresse ainsi jusqu’à un énorme wallride qui nous impressionne beaucoup. On ne s’y ennuie pas une seconde, et l’on devine le plaisir que doivent éprouver ceux qui sont capable de négocier
l’’enchainement de toutes ces difficultés. Presque de retour au pied du télésiège, nous atteignons le haut de la piste de 4X qui reste praticable malgré la pluie qui a rendu son tracé boueux. Le 4X est une succession de bosses, de dépressions et d’impressionnants et vertigineux virages relevés. On imagine aisément les bastons qui se dérouleront
bientôt sur ce tronçon court et nerveux.

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En arrivant aux remontées mécaniques, c’est la stupéfaction. Il y a une heure nous avions quitté la place quasiment vide. La mise en route du télésiège a attiré les bikers avec une impressionnante efficacité. L’endroit est noir de vvtistes. Tous attendent de pouvoir accéder à la machine. Nous apprendrons plus tard qu’ils étaient plus de 400 à s’être acquittés de l’inscription promotionnelle de 2 euros pour l’inauguration du bike park. Comprenant qu’à raison d’un seul vélo par chariot il faudra patienter fort longtemps pour accéder à un siège, nous décidons de nous servir à nouveau de nos mollets pour rejoindre le col.

Cette fois, sur les conseils de Stéphane, je prends la précaution de me débarrasser de tous les oripeaux du descendeur. Tant bien que mal je case tout cela dans et autour du sac à dos. Bonne initiative car, même si je ne monterai guère plus vite, j’éviterai cette fois la surchauffe et la suffocation. D’autant que, pendant la grimpette, on se prendra la plus grosse des nombreuses averses de la journée nous obligeant à trouver refuge quelques minutes sous le couvert des arbres.

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Profitant de ce que le chemin recoupe les pistes de descente, nous faisons quelques haltes pour observer les pratiquants qui maintenant se font de plus en plus nombreux. Selon la piste, le profil des bikers se fait différents. Si sur les pistes de DH, les gros vélos dictent leur loi.
D’autres traces, plus accessibles, mais très amusantes sont prises d’assaut par des vttistes "normaux". Par "normal" il faut entendre randonneur. Et pas forcément des randonneurs aguerris. Les vélos sont à l’avenant. Souvent des modèles d’entrée de gamme. Nombreux aussi sont les enfants, voire les très jeunes enfants. Parfois hésitants, parfois déjà très à l’aise. Nous avons étés impressionnés par l’éclectisme du
site. Parvenir à rassembler sur un même site une telle diversité de vttistes est à nos yeux un gage de réussite pour ce bike park. Brassage de pratiques, brassage de générations, brassage d’expérience. C’est une formidable machine à émulation.

De retour au col, nous renonçons à effectuer une nouvelle descente. Si l’accès aux remontées mécanique
est toujours aussi encombré nous risquons de rater notre prochain rendez-vous. En effet, nous avons convenu de redescendre en vélo jusque Turckeim situé dans la plaine d’Alsace à quelques km de Colmar. Soit une trentaine de km de randonnée par des sentiers globalement descendants, mais pas toujours très roulants. Et il nous reste un peu plus de deux heures. Même comme ça ce sera serré. Nous larguons tout le fourbi de protections dans la voiture, et nous repartons légers. Direction le lac blanc son centre FFC et son réseau de circuit balisés pour les VTTs.

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En abordant le formidable réseau de sentiers vosgiens, nous reprenons conscience du potentiel unique de randonnées de
la région. C’est avec gourmandise que nous enchaînons les sentiers par le Lac Blanc, le Lac Noir, puis le col du Wetstein. De là, nous progressons par le sentier de crête vers Trois-épis. Une indispensable pause myrtilles nous ayant fait encore prendre encore un peu de retard, nous décidons de précipiter le retour en plaine. Un coup de GSM à notre taxi pour déplacer le rendez-vous a Munster, et nous empruntons le premier sentier qui y conduit. Une descente de 500 mètres de dénivelé particulièrement agréable par un étroit single se faisant tantôt roulant, tantôt technique. Un vrai bonheur de randonneur.

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Une fois dans Munster, nous nous installons à notre point de rendez-vous. Une terrasse en bordure de chaussée qui nous permet d’attendre ces dames qui, de retour de Colmar, sont invitées à nous récupérer au passage. Moment fort agréable que nous passons à améliorer notre culture bierophile et à faire le bilan de cette journée.

Le bilan de la journée

- Le bike park du Lac Blanc est un projet ambitieux. Ce n’est pas du bricolage. On sent l’envie de bâtir du sérieux.

- Un bel éventail de pistes dans un cadre agréable. 5 pistes sont
ouvertes pour plusieurs niveaux. Une DH noire prévue pour 2008.

- Joli travail : beaux relevés, sauts nickels, éléments North Shore bien balaises, wall ride ENORME
- Beaucoup d’arbres. Pas de matelas de protection. <PHOTO|582782190|Small|right>
- L’accès par le haut et le bas des pistes en voiture est un atout.
- Le télésiège débrayable comporte 6 places par chariot mais ne peut emporter qu’un seul vélo.
- manque quelques panneaux en haut au bord de la route : plan des pistes, informations de sécurité (casque, niveau ...)
- 20 euros la journée : trop cher si le TS ne débite pas plus (difficile ce samedi de faire plus de 3 ou 4 descentes)
- point de lavage pour les vélos en bas : bien !
- objectifs affichés : compléter les activités "nature" été de la vallée
- Le magasin de location de vélos et de protections est bien achalandé.
- le bike parc n’est ouvert que les week-end d’été.
- Le proximité des parcours VTT du centre FFC du lac blanc est un autre atout pour la polyvalence du site.

Quelques liens

- Toutes les info pratiques sur le Site du Bike parc du lac blanc
- Une video de cette journée trouvée sur Dailymotion
- Ce qu’en dit monjax sur totalvrac



Auteur - Roudou




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